… simple ?

 

« Aucun de nous ne sait ce que nous savons tous, ensemble. » Euripide

 

L’intelligence collective est une capacité, ou un ensemble de capacités, qui dépasse l’addition des intelligences individuelles.

Par extension, apprendre l’intelligence collective, c’est se former à des processus qui lui permettent de se déployer et de semer. La pratiquer dans son entreprise, c’est organiser de façon partielle ou totale des pratiques et un management plus que hautement participatifs.

L’intelligence collective permet d’obtenir un résultat supérieur à la somme des parties, multipliant les intelligences pour innover, libérant les potentiels, augmentant la créativité, et la responsabilité partagée.

Les réunions de créativité, d’informations ou de décisions en intelligence collective, du Brainstorming au World café, des forums ouverts aux constellations, sont des pratiques qui proposent un cadre avec ses règles du jeu, souvent simples et toujours très rigoureuses et favorisant la synergie et le 1+1 = 4.

 

Enthousiasmante, l’IC présente des intentions formidables et très motivantes pour nos organisations de demain : créativité, innovation, participation, adhésion, corresponsabilité… Des valeurs essentielles pour l’entreprise et très importantes pour les nouvelles générations qui semblent les plébisciter profondément.

Pour pratiquer l’IC, vous allez vous ouvrir à de nouvelles règles relationnelles et les accepter, que celles-ci portent sur les rôles, le format de décision d’un ordre du jour, la brièveté ou encore le silence. Simples et de bon sens, la mise en œuvre de ces règles de processus peuvent rencontrer des résistances… celles qui accompagnent tout changement.

 

… ou compliqué ?

 

Voici ce que vous pourriez trouver difficile en intelligence collective….

 

Vous allez vous distancer de la notion d’expertise. En effet, l’intelligence collective accepte que les individus aient une connaissance partielle des sujets et qu’ils soient limités dans leur perception d’un sujet ou même d’un ensemble de faits. Ils n’ont pas la totalité des éléments et participent cependant au travail innovant du groupe. Cette approche partielle est même valorisée et considérée comme moteur de contribution. Un regard nouveau, difficile à porter parfois dans une société qui valorise le conseil expert et pointu, le savoir précis et exhaustif.

La confiance est au cœur des pratiques d’IC, avec en tout premier lieu la confiance dans le processus. S’en suit une approche systémique, puis la confiance dans le groupe de travail. La confiance sur certificat se met alors en marche, non plus sur la notion de compétence et d’expertise des données, mais surtout sur les règles, le cadre prédéfini et le postulat que tous peuvent contribuer et que la connaissance partielle est suffisante.

 

« Savoir écouter c’est posséder outre le sien le cerveau des autres » Léonard de Vinci

 

Les pratiques d’intelligence collective ne proposent pas de débat, de confrontation d’idées au sens traditionnel de l’argumentation : démontrer, convaincre et persuader. On passe de phases d’émergence créative à des phases de convergence et pour se confronter, on écoute les différentes voix du système. Accepter cette forme d’échanges des idées, c’est expérimenter hors du champ traditionnel de notre formation intellectuelle.

La pratique de l’intelligence collective interroge assez rapidement et parfois radicalement la transformation du(de la) dirigeant(e), des équipes et des organisations.
Faut-il que le(la) dirigeant(e) soit animé par un engagement post-capitalistique fort ?
Faut-il que le(la) dirigeant(e) entame un processus de développement personnel ambitieux pour appliquer l’IC dans son entreprise ? Frédéric Laloux, par exemple, auteur du livre Reinventing Organizations, invite à prendre un chemin de changement intérieur.

Dans quelle mesure les équipes doivent-elles être préparées en amont de l’acquisition des techniques d’IC ? Faut-il vérifier leur adhésion aux nouveaux procédés ?
Quel dosage de pratiques demain dans mon entreprise ? Et dans le futur, pour quelle organisation ? Libérer mon entreprise ? Horizontale à 100%, Sociocrate,  Holacrate ?

 

« Si tu me commandes pour me grandir, je te suis. Si tu me commandes pour me dominer, je te hais » Confucius

 

Ce questionnement invite à deux remarques. La première est que la pratique de l’intelligence collective se doit d’être pensée et accompagnée et la seconde que c’est à chaque dirigeant(e), selon sa propre histoire et celle de son entreprise de l’expérimenter et de décider si elle se présente comme un outil limité dans une organisation inchangée ou si elle incarne un début de transformation très engagée.

scd