Jean-Luc RIO- Monkey tie Coaching

Proposé par

Nous n’osons pas effectuer certains actes professionnels par peur :

  • D’incompréhensions et de reproches de la part de l’entourage ou de nos pairs,
  • Des réactions que cet acte pourrait engendrer,
  • Du jugement qui s’en suit,
  • D’un procès éventuel.

Certains actes sont proscrits ou peu usités car considérés comme source d’ambiguïté ou de malaise.

La toute-puissance que peut exercer le monde médical, sportif, religieux, politique, entrepreneurial, nous a imposé une législation beaucoup plus stricte.

Aujourd’hui :

  • les profs de sport évitent de parer les élèves au cours de gym pour éviter un geste qui pourrait leur être reproché plus tard,
  • Un kiné évitera de faire déshabiller une mineure hors la présence des parents,
  • Un éducateur ne donnera pas un médicament à un enfant,
  • Un professeur évitera de rester seul avec un élève la porte fermée…

Une batterie législative est venue renforcer nos codes existants :

  • Loi antidopage,
  • Droits de l’enfant,
  • Renforcement du délit d’exercice illégal de la médecine,
  • Harcèlement moral,
  • La Loi sur la bioéthique est en pleine réflexion,

L’exemplarité étant partout, l’ambiguïté (ou le politiquement correct) doit être levée.

Certains publics sont particulièrement visés de par leur fragilité :

  • Les enfants en bas âge,
  • Les adolescents fragiles,
  • Les personnes en situation de handicap,
  • Les personnes âgées en situation de dépendance.

De l’éthique à la morale en passant par les mœurs

Certains secteurs font régulièrement la une des journaux à travers des scandales retentissants : la médecine, la biologie, le monde sportif, le monde politique, etc.

Il s’agit souvent de problèmes éthiques ; parfois de problèmes moraux : l’optimisation fiscale par exemple. Ce sont souvent l’évolution des mœurs qui rendent ces problèmes acceptables ou non.

L’éthique

L’éthique (du grec ethos « caractère, coutume, mœurs ») est une discipline philosophique portant sur les jugements de valeur. L’éthique se définit telle une réflexion fondamentale sur laquelle la morale établira ses normes, ses limites et ses devoirs.

Nous avons tous notre éthique propre : les valeurs que nous défendons, ce est qui bien, ce qui est mal, notre vision de la justice sociale, etc. Certains d’entre nous se forgeront cette éthique avec l’appui des traditions familiales, des pratiques religieuses, vertus, conséquentialisme.

Nous avons souvent une éthique professionnelle qui vient se juxtaposer à notre éthique personnelle. On la retrouve dans des règles déontologiques fixées par des Ordres (médecins, avocats, architectes, infirmières, etc.). Qu’elle réponde à des règles déontologiques ou non, elle va se confronter à notre éthique personnelle. Par exemple : il sera difficile ou douloureux d’être un équarisseur végane.

La culture, les traditions ou la religion peuvent constituer l’éthique d’un pays, d’une région, d’un groupe social, d’une idéologie.

Nous pouvons donc être soumis à plusieurs « couches » d’éthiques selon le lieu, l’époque et l’idéologie du moment. Si elles ne sont pas harmonieuses, elles peuvent provoquer des conflits internes, des injonctions contradictoires (paradoxales) parfois : raréfaction des ressources vs hyperconsommation, par exemple.

La morale

« La morale consiste en un ensemble de règles « relatives » fictivement érigées en Bien et Mal absolus, alors que l’éthique est précisément la morale débarrassée de ses croyances superstitieuses absolutisant le relatif et de ses condamnations moralisatrices utilisées comme une arme contre les Autres »

La morale est donc la science du Bien et du Mal avec toutes les interprétations qu’elle suppose.

Elle s’impose à une conscience collective, s’exprime à travers des condamnations et peut donc être une arme contre les Autres.

Les fondements de la Morale s’appuient sur :

  • Les lois naturelles,
  • Les commandements « divins »,
  • La raison.

La morale et l’éthique sont intimement mêlées car elles constituent le socle de la philosophie spéculative, d’une pensée dite « arbitraire ».

Nous parlerons aisément d’une pratique morale et d’un raisonnement éthique.

Elles sont marquées par des normes, des obligations et des interdictions.

Les conséquences de la morale peuvent être :

  • L’altruisme,
  • L’égoïsme,
  • L’utilitarisme.

Les mœurs

Les mœurs désignent les usages et les habitudes de vie au sein d’un groupe social.

Ces usages et habitudes peuvent différer, évoluer selon :

  • La région du Monde,
  • La période à laquelle nous nous situons,
  • Le contexte politique et religieux.

Exemples :

Dans certains pays du Monde, un violeur qui épouse sa victime ne risque aucune condamnation (Liban, en Malaisie, en Indonésie ou au Venezuela). Le gouvernement turc a déposé en 2016 une proposition de loi permettant d’annuler la condamnation d’une personne pour viol sur mineur si l’agresseur épousait sa victime. Il a fini par la retirer. Des lois similaires existent encore au Costa Rica, en Éthiopie, au Guatemala, au Pérou et en Uruguay.

En France :

  • La peine de mort a été abolie il y a 37 ans (existe toujours aux Etats-Unis, Russie, Chine, Corée du Nord, Iran, Arabie Saoudite par exemple),
  • Les femmes mariées ne peuvent exercer une profession sans l’autorisation de leur mari que depuis 46 ans,
  • Le vote des femmes n’existe que depuis 74 ans (au Bhoutan depuis 2008).

Le mariage civil est arrivé en France (1787) plus de deux cents ans après l’Angleterre (1563). Il n’est apparu au Canada qu’en 1973 !

Au 13ème siècle des châtiments inhumains étaient infligés par l’inquisition.

Avant 1968, la plupart des établissements scolaires ne sont pas mixtes, la contraception n’existe pas, les divorces sont rares, l’homosexualité considérée comme une maladie mentale (toujours d’actualité en Russie).

Nous pouvons constater que les mœurs varient fortement d’une région à l’autre.

Des mœurs qui résistent au temps

L’affaire « Weinstein » a mis au grand jour des pratiques délictueuses, que l’on croyait d’un autre temps, ayant encore lieu dans des pays dits « civilisés ».

Les violences familiales (femmes, enfants) ne sont pas mieux loties.

Comment expliquer que ces pratiques, et bien d’autres, n’évoluent pas, ne disparaissent pas malgré l’évolution des mœurs ?

S’il ne s’agit pas d’un problème psychiatrique, je défends l’idée que c’est une question de compétences douces (soft skills).

Voir plus bas dans l’article.

Dans le milieu professionnel, que penser de la spéculation, de l’optimisation fiscale, des marges de la grande distribution, des pratiques industrielles : Lactalis, Lafarge, Médiator, etc. ?

La morale est-elle toujours éthique ?

Les mœurs sont-elles toujours morales ?

La violence faite aux femmes, aux enfants n’est pas morale et pourtant elle perdure.

La morale est-elle toujours éthique ?

La morale peut parfois s’inscrire dans le droit. La loi de moralisation de la vie publique démontre que même dans les plus hautes instances (les députés et sénateurs étant les faiseurs de lois), la morale n’est pas toujours au service de l’éthique : emplois fictifs, emplois familiaux, affaire « Cahuzac » par exemple.

L’éthique est-elle morale ?

Et l’éthique alors ! L’éthique sportive est-elle compatible avec l’éthique médicale ?

Au nom de l’éthique peut-il nous arriver de favoriser la morale au nom de principes inverses à la raison ?

Exemple :

« Le médecin doit-il alors agir en médecin, indépendamment des règlements sportifs auxquels il n’est pas tenu de se conformer, ou bien doit-il respecter l’éthique sportive dont il ne partage pas nécessairement les valeurs ni les finalités ? » (Le corps aux limites de l’acceptable)

La pratique sportive occasionne des souffrances mais interdit le recours à certains produits pour le soulager. Au nom de quelle morale, doit-on laisser des gens souffrir ?

La morale est donc censée s’appuyer sur l’éthique et non le contraire. Or, nous avons parfois inversé ces principes pour faire face à des scandales sociaux, religieux, sanitaires, politiques, etc.

Des pratiques barbares

Nous avons vu qu’au nom de l’éthique, un professionnel compétent peut se retrouver dans une situation difficile. Il est évident qu’il faut des règles pour fixer les droits et les obligations de professions basant une partie de leur activité sur la confiance.

Cela n’empêche pas un médecin devenu ministre des finances de frauder le fisc, ni un curé ou un prof de sport d’abuser d’un mineur.

Au-delà du savoir-faire, le savoir-être prend une place conséquente.

La morale ne régit plus nos sociétés gouvernées par les Dieux Argent et Pouvoir.

Nous décidons (ou pas depuis la généralisation des ordonnances) ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.

L’argent et le pouvoir sont devenus une obsession au même titre que le sexe ou les drogues :

  • L’Europe est un grand marché financier capable de réglementer la taille d’une tomate mais pas l’harmonisation fiscale des pays. Les trusts en profitent allègrement pour amasser des fortunes à coup d’optimisation fiscale (les GAFA par exemple).
  • La bulle financière représente 2.5 fois le marché mondial, allant jusqu’à spéculer sur des denrées alimentaires en réduisant certains pays à la famine,
  • Les terres agraires sont captées pour faire de l’éthanol au lieu de nourrir la population,
  • Il n’y a jamais eu autant de richesses amassées par si peu de personnes.

Ce qui fait la différence entre une éthique bienveillante et une attitude malveillante c’est, à mon sens, une question de :

Pourquoi la vertu me direz-vous ?

C’était plus fort que moi

Certains ont trébuché à cause de leur vice, de leur déviance, d’un certain instinct primaire. Le dernier exemple fut l’ex Directeur du FMI. Ses mœurs et sa morale ont volé en éclat face à une obsession devenue incontrôlable. Comment expliquer autrement l’affaire du Sofitel à New York, celle du Carlton à Lille et enfin l’affaire Tristane Banon, à la veille d’une élection présidentielle dont il était l’un des favoris ?

Certains instincts, certaines déviances « résistent » à l’ivresse du pouvoir.

La pratique vertueuse peut définir une pratique qui allie :

  • Compétences (savoir-faire et savoir-être),
  • Mœurs et moralité,

Mais parfois la précaution a pris le pas sur la pratique vertueuse.

Le libre penseur, l’objecteur et l’indigné

Il est probable que ce qui fait la différence de caractère, c’est la capacité à penser, à agir et à résister. J’en veux pour exemple :

  • L’objecteur de conscience, les lanceurs d’alerte,
  • La résistance en temps de guerre, la désobéissance civile en temps de paix
  • Certains intellectuels, écrivains (Le fameux « j’accuse » de Victor Hugo),
  • Certains journalistes.

Au nom du principe de précaution, nous pouvons faire démonter des antennes-relais mais continuer à construire des centrales nucléaires de troisième génération.

Au nom du politiquement correct, de la morale, nous ne pouvons plus rire de tout sans risquer un procès, des menaces, un attentat.

Certains actes sont désormais :

  • Interdits, par la loi, la morale, les mœurs,
  • Déconseillés, par la bien-pensance, le politiquement correct.

L’amalgame, la représentation sociale, la généralisation, l’étiquetage nous amènent à nous interdire des actes bienveillants.

Des pratiques vertueuses

Et pourtant certains actes pourraient être facilitateurs de mieux-être, éviter l’aggravation ou la dégradation de la santé des plus fragiles.

  • Un 4ème « plan autisme » voit le jour sans oser résoudre les problèmes de diagnostic précoce. Seuls 15 % des enfants bénéficient aujourd’hui du diagnostic et de l’intervention précoces.
  • Pourquoi ne pas mettre en place une recherche européenne concernant les maladies orphelines ? On en compte 8 000 et on en découvre encore cinq par semaine.

D’autres font toujours l’objet de débats houleux :

  • On peut citer l’euthanasie et l’acharnement thérapeutique qui font la une des informations à chaque procès, mais qui ne règle pas le problème de fond.
  • Comment expliquer, d’autre part, qu’un protocole médical soit débattu, entre professionnels, sans la présence de l’intéressé alors que son consentement est clairement imposé par la Loi ?

Certaines pratiques pourraient parfois servir de soins palliatifs s’ils n’étaient pas considérés comme « potentiellement dangereux » en termes d’éthique.

  • C’est le cas du toucher thérapeutique, du massage en milieu éducatif ou médical auprès des plus démunis, des plus fragiles,
  • C’est le cas de l’hypnose en milieu médical pour éviter l’anesthésie générale ou le stress post-traumatique.

Entrer dans la sphère la plus intime d’une personne, par le biais d’un contact physique, nécessite d’être accompagnée, expliquée. Elle soit être souhaitée et acceptée de la part de l’intéressé(e).

L’objectif doit être clair et les limites fixées d’un commun accord.

Ce qui est tût est suspect

Levez les ambiguïtés, les suspicions

Si vous annoncez à la collégiale ce que vous allez faire il sera difficile de croire qu’il puisse y avoir une ambiguïté, sauf à être particulièrement retord. Plus il y a de transparence et moins il y a de doutes.

Expliquez à votre interlocuteur :

  • ce que vous allez faire,
  • pourquoi vous allez le faire,
  • les effets attendus,
  • les risques encourus.

Sollicitez son consentement formel.

Si vous expliquez à quelqu’un la méthode et les moyens mis en œuvre pour atteindre l’objectif, une barrière tombe.

Demandez à la personne si elle a bien compris, voire ce qu’elle a compris. Levez les doutes et les questionnements. Refusez d’aller plus loin si vous ressentez une certaine défiance. Proposez, éventuellement, un autre interlocuteur car la confiance doit être mutuelle.

N’hésitez pas à commenter si un geste peut poser question. Ne laissez pas le doute s’installer. Accompagnez le geste d’une parole descriptive et rassurante : action, zone sensible touchée, objectif final. Vous devez anticiper l’action afin que votre description soit construite.

Exprimez votre ressentis en cas de doute ou de peur

Un kinésithérapeute m’a expliqué qu’une jeune femme venait régulièrement dans son cabinet et qu’à chaque séance elle était tendue. La tension pouvait se lire sur ses épaules et sa posture.

Il finit par lui dire qu’il ressentait une certaine tension chez elle et qu’il comprendrait tout à fait qu’elle aille voir une femme kiné plutôt que de continuer avec lui si c’était cela qui la mettait mal à l’aise. La jeune femme décida de poursuivre avec lui et ne revint plus tendue.

Voir l’article sur les valeurs fondamentales.

La confiance doit être mutuelle

Il est fort probable que le malaise ou l’incompréhension cessent d’eux-mêmes après un échange sincère. Si votre interlocuteur doit avoir confiance en vous, à votre tour,  vous devez avoir confiance en votre interlocuteur. Si vous ressentez toujours une agressivité, une animosité à votre égard, que vous n’arrivez pas gérer, n’hésitez à rediriger la personne vers un autre interlocuteur. Ne souffrez pas d’une situation et préservez-vous.

 

  • Ne vous interdisez pas des actes bienveillants, respectueux ou encore vertueux (sauf s’ils vous mettent en danger),
  • Certains gestes, certains automatismes nécessitent un accompagnement, une explication (patient, famille, étudiants, etc.),
  • Informez, communiquez pour qu’il n’y ait pas d’incompréhension, de failles, de doutes,
  • Invitez votre interlocuteur à s’exprimer,
  • Encouragez-le dans la manifestation de ses émotions, de ses peurs,
  • Expliquez les enjeux, les risques et les bienfaits de la démarche,
  • Demandez-vous ce que vous pouvez faire qui puisse alléger la douleur, la peine, la souffrance d’autrui.