photo Nesem Ertan

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MANAGER – La plupart des personnes passant un entretien cherchent d’abord à « avoir le job » avant de se demander s’ils veulent vraiment le poste. C’est la stratégie de la nature quand il s’agit de procréation. Ne vous trompez pas de jeu, car vous n’êtes pas dans un jeu de séduction ou de survie. Vous êtes plutôt un musicien rencontrant son chef d’orchestre. Si vous cherchez trop à plaire, vous n’allez pas être suffisamment en présence pour pouvoir observer les signaux faibles. Vous risquerez alors de finir exténué et frustré (le pus souvent sans comprendre pourquoi) dans une équipe dysfonctionnante.

 

Les bons managers sont… rares, car peu d’entre eux étaient préparés pour la mission. Alors autant ouvrir grand vos yeux si vous visez une vie professionnelle épanouissante. 😉

 

Voici les 5 points auxquels il faut faire attention :

 

  • Vision

Un bon manager est un bon leader.

S’il ne connaît pas la trajectoire stratégique de l’entreprise, il ne saura centrer les efforts de ses équipes. Vous risquerez alors de beaucoup courir sur un tapis de course, sans vraiment avancer, ni satisfaire personne. Alors, après l’avoir bien rassuré sur les recherches que vous avez bien évidemment effectué sur le poste, interrogez-le sur les ambitions de l’entreprise vs le marché. Quels sont les enjeux de votre équipe et de votre poste vs cette vision ? Bien évidemment, vous pouvez marquer des points en partageant vos propres avis professionnels sur le sujet, mais ne vous laissez pas épater par les bons parleurs. Vérifiez si les propos sont creux ou s’ils sont pleins d’informations concrètes.

 

  • Compréhension

Un bon manager doit connaître la réalité du quotidien de chacun des membres de son équipe.

Avant d’être devenu manager, il a du passer par la case « opérationnel ». S’il ignore la charge de travail de ses collaborateurs, et les besoins (temps, matériel, soutien) de chaque type de projet, il sera en manque d’empathie en périodes de crises, ou pire, source de stress supplémentaire dû à son incompréhension. Beaucoup d’entreprises négligent la rédaction d’un job description précis parce que nager dans le flou arrange les dirigeants. Pour maîtriser votre performance et votre équilibre de vie, vérifier rapidement si votre potentiel manager serait ok pour co-construire avec vous un canvas fonctionnel : qui fait quoi, avec qui, quand, comment ? Il ne s’agit pas de s’enfermer dans un cadre rigide. Plus tout le monde a les mêmes infos, plus l’équipe peut gagner en agilité et en flexibilité.

 

 

  • Présence

Le manager n’est pas là uniquement pour vous donner des missions, faire vos évaluations, et aller en réunions CODIR.

Vous devez « cohabiter » assez souvent pour qu’il reste dans la réalité des activités de l’équipe, mais aussi pour que vous puissiez avoir un ping pong avec lui/elle, oser lui demander de l’aide lorsque vous avez fait tout votre possible, mais ne parvenez pas à vous sortir d’une problématique. Il n’est pas là pour attendre de vous que vous ayez toujours toutes les réponses à tout. Il est là pour vous « driver » et contribuer à votre évolution professionnelle. Plus il saura investir en votre développement, plus il vous fidélisera et augmentera la qualité des performances de son équipe. Si vous n’osez pas vous sentir en team avec votre manager, vous voilà retourné sur les bancs de l’école à attendre d’être noté, or nous sommes dans l’ère du collaboratif. Vous êtes censés être dans le même bateau.

 

  • Equanimité

Certains managers peuvent déverser sur vous tout le stress de l’économie actuelle, des actionnaires ou de leurs propres N+1.

N’oubliez pas que même lorsque les choses ne semblent pas aller pour le mieux du monde, ce n’est jamais la fin du monde. L’histoire aura une suite et vous ferez simplement de votre mieux. Dans le cadre d’une collaboration professionnelle, il est très important de ne pas oublier que l’on n’est pas là pour se plaindre les uns auprès des autres, mais pour chercher des solutions ensemble. Ce point-là peut être difficile à vérifier lors d’un entretien, mais si vous êtes face à quelqu’un qui souffle beaucoup et qui emploie des expressions pour vous signifier que son poste est très difficile, qu’ils travaillent beaucoup et « ne voient pas le bout du tunnel », faites attention. C’est une façon déguisée de vous dire : « Moi j’ai accepté de travailler en souffrance. Si tu nous rejoins, tu confirmes également l’accepter. »  Mais est-ce vraiment ce que vous voulez ?

 

  • Critères

Et le plus important, un bon manager doit savoir vous donner des KPI précis.

Lorsqu’il vous demande de prendre en charge une mission, il doit vous donner un objectif SMART : spécifique, mesurable, ambitieux, réaliste, limité dans le temps. Le plan d’action doit être clair pour vous deux, et vous devez avoir la garantie que vous êtes en capacité dès maintenant (moyens, compétences) de répondre à cette demande. Il n’y a rien de pire que les managers qui adoptent l’attitude « just make it happen ! », qui ne veulent pas savoir comment vous y arriverez puisqu’ils vous payent pour ça. Vous voulez travailler avec quelqu’un d’équilibré et non un Ego sur pattes source de montagnes russes émotionnelles inutiles et anti-productifs. Alors demandez-lui ce qui compte le plus pour lui dans les missions qu’il donne à ses collaborateurs et à quoi il évalue la qualité d’un projet bien mené.

L’idée est de vous demander si ce potentiel manager semble avoir les mêmes valeurs clés que vous ou non. Si vous êtes beaucoup trop différents, non seulement vous ne pourrez que très difficilement le satisfaire, mais en plus, vous risquerez de ne pas pouvoir apprendre auprès de lui les choses qui vous intéressent pour évoluer. Il est très important de ressentir un respect sincère envers son leader pour pouvoir bien fonctionner ensemble.

 

 

Beaucoup d’entreprises récompensent le travail de ses salariés en les promouvant à des postes de managers lorsqu’ils ont prouvé être de bons opérationnels. Or, il s’agit d’un rôle nécessitant des qualités spécifiques : une bonne connaissance des métiers des collaborateurs à manager, une très bonne capacité de communicant, de coordinateur et de leader.  Les personnes qui aiment les relations humaines et leurs métiers et sont confiants de leurs propres compétences ne cherchent pas à préserver les flous dans leurs systèmes. Ils sont souriants, ils vous regardent dans les yeux quand ils parlent et se tiennent ancrés sur leurs deux pieds, droits et confortables. En leur présence, vous vous sentez « meilleur » que ce que vous étiez avant de les côtoyer, et plus forts.

 

L’idée n’est pas d’en vouloir aux managers qui ne cochent pas ces cases. Ils font de leur mieux, dans les limites de leurs savoirs/capacités. Mais quitte à rejoindre une équipe, autant faire son choix en connaissance de cause. 😉

 

 

 

Nesem Ertan

Coach & Strategist / nesem-ertan.com

06.77.27.16.24 / ertan.nesem@gmail.com

@nesemertan