Agnès Rigny - Monkey tie Coaching

Proposé par

Faire des mathématiques est un voyage, une exploration de mondes nouveaux. On est confronté à la question de l’autre, de l’inconnu. Cette rencontre avec « l’inconnu » permet d’en apprendre plus sur qui on est soi-même : est-ce que l’on est déstabilisé par la perte des repères, ou au contraire, est-ce qu’on est enchanté qu’un monde nouveau s’ouvre à nous ? Est-ce qu’on est aventurier ou casanier ? Comment réagit-on quand on est confronté à quelque chose « d’étrange, d’étranger » ? Observer ses réactions est toujours enrichissant.

Faire des mathématiques pour pallier ses faiblesses

Faire des mathématique permet aussi de mettre en place des stratégies pour pallier ses faiblesses : parlons de ces fameuses « fautes d’étourderies ». Que peut-on y faire ?  Il y a par exemple tout un arsenal de vérifications, ou bien on peut se « raccrocher » à une situation connue, etc…  Concrètement, si on sait que l’on fait des erreurs « d’étourderies » quand on résout une équation du second degré, ou une équation différentielle, ou quand on inverse une matrice, faire une rapide vérification sur un brouillon permet de retrouver confiance en soi. Dans la vie pratique cela peut donner quelque chose comme « j’oublie facilement mes rendez-vous, alors je les note sur un agenda », ou « je réponds souvent vivement alors j’attends un peu avant de réagir », « je suis souvent en retard, alors je prends plus de marge », etc…

Donc, connaître ses points faibles, les accepter, se mettre des garde-fous, ce sont des conseils classiques en développement personnel. Faire des mathématiques permet d’expérimenter leur efficacité.

Faire des mathématiques permet de se concentrer sur l’objectif

Faire des mathématiques c’est également être toujours centré et vigilant sur le but à atteindre. La question qui se pose ici est : « qu’est- ce que je veux faire ? Quel résultat je veux obtenir ? ». A partir de cette question, on peut se demander par exemple quel résultat intermédiaire est nécessaire pour y arriver, de quoi on a besoin pour y arriver, transformer un problème complexe en plusieurs problèmes plus simples. Apprendre à y aller « étape par étape ».

Une de mes élèves me demande « comment je peux faire pour montrer que c’est une bijection ? » Je lui demande de réfléchir aux « outils » dont elle dispose (à savoir théorèmes, propriétés, etc…). Elle me répond immédiatement « Il y a le théorème de la bijection », « Ah, en voilà une idée qu’elle est bonne… ».

La démarche est similaire à celle du coaching, les questions sont quasiment les mêmes : quel est mon but ? De quoi j’ai besoin pour y arriver ? Quelles sont mes ressources, où trouver des ressources ?

La métaphore de la canne à pêche et du poisson, chère à Vincent Lehnardt s’applique également ici aussi (il s’agit du fameux proverbe chinois). Apprendre à faire des mathématiques, c’est apprendre à pêcher, c’est-à-dire à pouvoir aborder tous les problèmes, faire face à des situations nouvelles. Malheureusement, il me semble que dans l’enseignement du lycée, on gave plutôt les élèves de poissons.

Faire des mathématiques afin de développer son esprit critique

Faire des mathématiques développe aussi l’esprit critique : il ne s’agit pas de prendre les affirmations pour argent comptant. Il faut toujours vérifier, argumenter. Pour moi, être mathématicien, c’est avoir l’esprit libre. Il n’y a pas de dogme, tout doit être démontré. Personne ne peut dire « c’est comme ça et j’ai raison ». Il faut justifier ses affirmations.

Cela me fait penser au proverbe bouddhiste « le bonheur n’est pas au bout du chemin, le bonheur est le chemin ». En mathématiques aussi, ce n’est pas le résultat qui compte, mais la manière d’y arriver.

Le bonheur n’est pas au bout du chemin, le bonheur est le chemin.

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