Monkey tie Coaching - Sylvie Berthet

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Le comble de l’incompétence, c’est justement de ne pas savoir qu’on est incompétent, malheureusement… Laissez moi vous raconter l’histoire de cette femme qui vient parfois en séance à mon cabinet et qui a du payer le prix de l’incompétence. Ce qu’elle me raconte s’est passé il y a longtemps, 20 ans peut-être.. Mais cela pourrait tout aussi bien avoir lieu aujourd’hui.

Le prix de l’incompétence : l’histoire d’un binôme travaillant au service du personnel

Imaginez un binôme travaillant au service du personnel, qu’on appelerait aujourd’hui «  Ressources Humaines » d’une PME, peu importe le secteur. Ce sont deux charmantes jeunes femmes qui, à elles deux, gèrent complètement les ressources humaines de l’entreprise.

L’une, responsable du service, vient d’être diplômée. Elle a la certitude d’être parfaitement compétente et de savoir tout ce qu’elle doit savoir pour diriger ce service. La seconde est comptable de formation intiale, elle ne connait rien aux RH, mais est de très bonne volonté. Elle apprend et elle seconde cette jeune responsable. Elles sont toutes les deux très impliquées, extrèmement motivées et infatigables.

Leurs dirigeants ne peuvent que se louer de leurs services et sont très confiants dans le travail réalisé.

Le prix de l’incompétence : une erreur fatale

Et pourtant… Un jour, un courrier arrive. Il provient de la famille de Philippe, un collaborateur, en arrêt maladie depuis trois ans. Ce monsieur, grand dépressif (à l’époque on ne parlait pas encore de burn-out) s’est suicidé, il a laissé un courrier pour expliquer sa dépression, son impossibilité à continuer à vivre, son état auquel à contribuer, dit-il, l’entreprise qui l’employait puisqu’il ne percevait plus aucun revenu aux termes des trois années d’arrêt maladie. Les problèmes d’argent sont venus aggraver son état déjà très dégradé.

Le Directeur Général est peiné, bien sûr en lisant cette lettre, mais ce n’est pas son problème. Il décide d’envoyer des fleurs pour les obsèques, via le service du personnel …. Et il transmet la lettre, sans commentaire, à la responsable du service.

Celle-ci prend connaissance du courrier et est atterrée …. Comment est-ce possible ? L’entreprise a pourtant souscrit des contrats de prévoyance, ce monsieur est bien couvert, il n’aurait jamais du avoir la moindre perte de salaire. Elle questionne son adjointe. Celle-ci s’énerve, explique qu’elle ne sait pas, que c’est normal puisqu cela fait trois ans qu’il était en arrêt maladie, et que de toute façon, elle n’a pas le temps, qu’elle est toujours débordée… Et puis, elle fait toujours comme ça ! En fait, c’est la première fois que le cas se présentait depuis qu’elle était dans l’entreprise, et elle pensait avoir bien fait.

Le prix de l’incompétence : qui est fautif ? qui est responsable ?

Dans cette histoire, qui est fautif ? La jeune comptable qui n’a pas traité le dossier comme il aurait fallu ? Certainement pas… Elle ne savait pas, personne ne lui avait jamais expliqué comment faire. La science infuse n’existe pas.

La responsable alors ? Elle aussi est très jeune et elle n’a jamais été confrontée à ce type de dossier, pour autant, elle savait que le contrat de prévoyance couvrait ce type d’arrêt maladie. Pour elle, c’était l’évidence et c’est pourquoi elle n’a jamais vérifié que le dossier était correctement traité par sa collègue. Parce que pour elle, cela ne pouvait arriver !

Le Directeur Général, qui fait confiance à deux jeunes talents et se reposent complètement sur elles, ne contrôle rien, et pire, se désintéresse de leurs difficultés ?

Voilà pourquoi la responsable, aujourd’hui femme mure, est toujours hantée par ce drame. Elle s’estime seule responsable. Personne n’est réellement responsable. Tous le sont. « Si Philippe n’avait pas eu de problèmes d’argent, serait-il toujours en vie….? » … Oui, peut=être, ou pas, me direz vous …. Comment savoir ? Pour ma cliente, la question restera toujours en suspens.

Manager : ne jamais sous estimer le prix de l’incompétence

Alors, en tant que manager, comment pouvez-vous vous garantir contre ce type de faute, car cela en est une, bien évidemment.

Ne sous-estimez jamais la puissance de l’incompétence, ni la force de la bétise et de l’indifférence que vous pouvez rencontrer en entreprise. En tant que manager, ne supposez jamais qu’un collaborateur sait ce qu’il convient de faire : vérifiez au moins une fois qu’il connait le process à utiliser.

Envoyez régulièrement vos collaborateurs en formation, y compris sur la gestion, la technicité et l’administratif. Même et surtout, s’ils ont peu d’attraits pour le sujet, les répercutions d’une erreur peuvent être si importantes. N’oubliez pas que déléguer implique de contrôler régulièrement.

Prenez le temps de vous intéresser aux personnes qui vous entourent, mieux vous les connaitrez, plus vous leur permettrez de grandir et de s’épanouir en toute sécurité.

Donc en résumé : ECOUTE, FORMATION, DELEGATION et CONTROLE sont les piliers de la SECURITE des personnes en entreprise. Ensuite, viendra le temps de la CONFIANCE.

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