LES 4 ÉLÉMENTS – Vous avez pu lire la première partie des 4 éléments qui vous amène à faire un Burn-out, voici la suite de cette article dans la deuxième partie.

  • Les conditions de travail

Votre surinvestissement au travail vous amène à accepter des conditions de travail peu normales au regard d’une entreprise lambda. Vos conditions de travail sont totalement anachroniques. Votre entourage, qu’il soit professionnel ou personnel, vous alerte sur le sujet. Vous en êtes bien conscient et votre hiérarchie est dans le déni de votre situation. Vous avez deux atouts : vous êtes brillant et vous travaillez vite. Mais vous y êtes arrivé, vous y arrivez et vous y arriverez encore. Au-delà de vos conditions de travail, votre rythme de travail ne semble pas convenir à votre hiérarchie. De plus, votre patron ne regarde pas le résultat mais le temps de présence affiché au bureau. Donc, suite à plusieurs réflexions de sa part, vous vous mettez à passer un temps insensé au travail : premier arrivé au bureau le matin, dernier à partir le soir avec votre patron.

  • L’installation du cercle vicieux et la chute

Vous sentez bien que quelque chose ne va pas : vous êtes démotivé, vous venez travailler à reculons, vous cumulez les actes manqués… Vous subissez de plus en plus votre travail. Rien et personne ne trouvent grâce à vos yeux. Des collègues, que vous appréciez, finissent par vous fuir. Et c’est autant de petites blessures qui font que vous avez de plus en plus de mal à dormir, que les crises d’angoisse se répètent. Et surtout, surtout, vous avez cette impression que personne ne vous comprend et ne voit que vous êtes entrain de vous consumer de l’intérieur. Et la chute arrive : un matin, votre patron vous interpelle de façon très violente et finit par vous asséner que vous êtes devenu un problème. Vous ne vous en relèverez pas. Le lendemain, sans réellement avoir conscience de ce vous faites, vous prenez un grand sac et videz votre bureau. Votre patron ne vous reverra jamais.

Commence alors, pour vous, un long chemin de croix : souffrance psychologique, estime de soi au plus bas, le soutien inexistant de vos collègues de travail… Et vous finissez par la retrouver, cette identité : vos croyances aidantes, vos valeurs, vos besoins. Vous n’avez jamais douté de vos qualités professionnelles. Ce qui a été atteint, dans votre burn-out, votre incendie personnel, est votre identité, qui vous étiez réellement, profondément.

Les courants de pensées différent selon que le travail est ou n’est pas une source de souffrance. Selon Christophe DEJOURS, professeur de psychologie au Conservatoire nationale des arts et métiers, « Travailler, c’est faire l’expérience du réel, de l’échec ». Au contraire, pour Philippe DAVEZIES, enseignant chercheur en médecine et santé du travail à l’université Claude-Bernard Lyon I, « le travail est en lui-même, dès le départ, source d’émancipation ». En fait, les deux théories finissent par se rejoindre. Dans le témoignage de ce cadre, on lit bien que son travail est une source d’enrichissement, de contacts. Il travaille au sein d’un grand groupe qui a besoin de lui. Tout en servant ses intérêts individuels égocentrique de reconnaissance, il est utile au collectif. La souffrance nait quand l’équilibre se rompt entre intérêt individuel et sens du collectif au profit de l’individuel. Et notamment dans le cadre de la toute puissance où l’existence même de l’Autre est niée en tant qu’individu. L’autre devient un objet.

En conclusion, selon Christophe DEJOURS, « il y a un risque à l’investissement au travail et ce risque augmente avec l’augmentation de la déloyauté de l’entreprise de l’Etat en ne faisant pas respecter le droit du travail ».

 

Aurélie Thieblemont

 

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