Jean-Luc RIO- Monkey tie Coaching

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INCERTITUDE – Nous vivons dans un monde moderne qui n’aime pas l’incertitude. Tout doit y être calculé, stocké, analysé. Le risque doit être maîtrisé, géré, évalué. Pourtant, nous vivons des événements politiques qui nous démontrent toute l’incertitude de l’existence. Les statistiques, les big-data en perdent parfois « leur latin ».

Les différentes formes d’incertitude

 

Incertitude dans la vie personnelle

Le destin de l’être humain et de l’humanité, d’une manière générale, ne peut pas échapper aux incertitudes. Même la certitude de la mort devient une incertitude (quand, où, comment).

La vie est une aventure. L’incertitude de l’avenir est une angoisse (devins, horoscopes, voyances et prédictions). On peut cependant essayer d’estimer le probable. Le probable étant ce qui peut arriver mais pas nécessairement ce qui va arriver.

« Les dieux nous causent bien des surprises : l’attendu ne s’accomplit pas et à l’inattendu, un dieu ouvre la voie » (Euripide)

« Attends toi à l’inattendu » (Edgar Morin).

Nous sommes environnés d’incertitude. Les conditions économiques et sociales, elles-mêmes, sont en relations incertaines entre elles. Comment affronter l’incertitude ?

Incertitude d’origine cérébrale

La perception visuelle n’est pas une photographie de la réalité.
Ex : la constance perceptive.

C’est une traduction, une reconstruction cérébrale qui comporte des erreurs.

Entre l’émetteur et le récepteur il peut y avoir du bruit (noise).
Il y a un principe d’incertitude lié au fonctionnement de notre connaissance, auquel s’ajoute un principe lié à l’outillage logique que nous utilisons.

  • Limites de l’induction (partir d’un cas particulier pour en faire un cas général);
  • Limites de la déduction (déduction faite à partir d’un cas general pour trouver un cas particulier).
  • Principes d’incertitude liés à la rationalisation (théories du complot par ex.).

Nous avons une addiction à la certitude : nous nous accrochons à cette certitude qui nous rassure. C’est un mensonge à soi-même.

Incertitude historique

L’histoire se développe sans que les acteurs soient vraiment conscients de là où ils vont.

Les hommes font leur propre histoire sans savoir qu’ils la font : les climato-sceptiques par exemple.

 Notre vigilance n’est, alors, pas émoussée : pollution des mers, pollution des sols, pollution de l’air.

Nous ne sommes pas stimulés par la conscience d’un péril urgent et immédiat.

« Là où croit le péril, croit aussi ce qui sauve ». (Hölderlin)

Personne ne s’attendait à une première guerre mondiale. L’inattendu a surgi de cet événement lui-même inattendu. Les totalitarismes vont émerger et par la suite l’Allemagne va vouloir prendre sa revanche…

Personne ne s’attendait à voir Donald Trump devenir président des Etats-Unis d’Amérique et soutenu par les organisations russes.

Rétrospectivement tout semble logique mais quand vous la vivez au fur et à mesure, tout arrive de façon imprévue.

« Le devenir est problématisé à jamais » (Patocka)

« Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoire de chasse ne vanteront que les prouesses des chasseurs ». Proverbe africain

A lire : Claude Kergomard, « Changement climatique : certitudes, incertitudes et controverses », Territoire en mouvement Revue de géographie et aménagement.

Incertitude en Finance (Risque /Incertitude)

Le financement repose sur la « confiance » dans l’avenir, dans la capacité de l’entreprise à rembourser ses dettes.

Il repose surtout sur la gestion du risque ou la capacité à générer les plus-value escomptées.

Le risque c’est l’incertitude sur un événement futur.

En 1921, Frank Knight a proposé une distinction qui fait référence entre le risque et l’incertitude : à un risque peuvent être assignées des probabilités mathématiques mais pas à une incertitude.

Le risque sera calculable s’il existe un modèle théorique capable de le calculer.

Le risque sera dit estimable si l’on dispose de données historiques et d’un modèle statistique pour estimer ces probabilités. Il est donc possible d’associer une probabilité à chaque événement.

Les méthodes de scoring pour évaluer le risque de crédit ;

Les méthodes GARCH pour modéliser la volatilité du cours des actions et des devises.

L’incertitude, elle, n’est pas quantifiable car il n’existe pas de modèle théorique pour faire un calcul ou une probabilité.

Il ne faut pas négliger le risque de modèles et considérer que l’incertitude n’existe pas (crises des subprimes par ex).

Risque et incertitude au prisme de la complexité : Simtrade, un jeu de simulation.

Cependant, on ne peut pas tout comprendre et tout expliquer. Il faut savoir admettre que tous les événements passés ne peuvent être expliqués et que tous les événements futurs peuvent être prévus. Le krach d’Octobre 1987 (baisse de 20% de la bourse de Wall-Street) n’est toujours pas expliqué.

Il faut admettre que la compréhension du marché ne peut se réduire à la simple connaissance de ses intervenants. (Edgar Morin)

 

La révolte des tulipes (1937)

Le 6 février 1637, dans les tavernes d’Amsterdam et Harlem, villes opulentes des Provinces-Unies (Pays-Bas actuels), des négociants se retrouvent comme à l’habitude pour acheter et vendre des tulipes. Il ne s’agit que de promesses de ventes car les bulbes ne seront disponibles qu’au printemps…

Mais voilà qu’en rupture avec les semaines précédentes, les acheteurs se font réticents. Les cours, qui avaient atteint des sommets faramineux dans les mois précédents, entament une tout aussi vertigineuse plongée. Ce sera la première bulle spéculative de l’Histoire.

 

Conclusion : que l’on soit gestionnaire des risques dans une entreprise ou dans une banque ou que l’on soit créancier ou actionnaire il est important de détecter, modéliser et gérer les risques.

 

Jean Luc RIO 

https://riojeanluc.com

 

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