Pascale Kaced

Proposé par

ÉCHEC – “Si on apprend pas à échouer, on échoue à apprendre” Tal Ben-Shahar.

Nous avons tous, un jour ou l’autre, expérimenté l’échec dans notre vie. Cela ne s’est pas toujours fait sans peine, et l’empreinte émotionnelle qu’il a occasionné a mis probablement beaucoup de temps à se dissiper. Un ensemble de facteurs sont alors impliqués.

L’échec nous déstabilise par le fait qu’il est surinvesti

Sur le plan cognitif, l’échec nous déstabilise par le fait qu’il est surinvesti. Nous lui donnons une trop grande importance. Cela s’explique de la manière suivante. Nous disposons tous d’un système de croyance sur le monde qui nous entoure autrement dit notre propre vision du monde. Nous pouvons alors disposer de croyances qui nous font percevoir l’échec de manière inacceptable, occasionnant une profonde souffrance pour la personne qui le subit. L’échec peut aller jusqu’à remettre en question notre propre valeur personnelle. “J’ai failli, je suis nul, un incapable, un raté etc…” autant d’exemple qui témoigne que nous avons fait un amalgame entre ce que nous sommes et ce que nous faisons. Nous pouvons entretenir en boucle ce type de dialogue envers nous même et ce, pendant de longue période. L’émotion étant consécutive à notre façon de penser, on peut comprendre dans ce cas l’importance de la douleur ressentie. Plus longtemps j’ai une pensée du type “Je suis nul”, plus longue sera ma souffrance.

Nous pouvons évaluer nos actes sans remettre en question notre valeur inconditionnelle

Le psychologue américain Albert ELLIS a su démontrer cette tendance que nous avons à évaluer en permanence notre propre valeur personnelle (rating) au travers des situations rencontrées. Par exemple “J’ai réussi » signifie « Je suis bon” ; “J’ai échoué » signifie « Je suis mauvais”. Père du concept intitulé “Unconditional self-acceptance ou encore USA”, il démontre de quelle manière nous pouvons évaluer nos actes sans remettre en question notre valeur inconditionnelle (Ellis, 2005)

Les travaux du psychiatre américain Aaron Beck sur les biais de raisonnement ont, quant à eux, démontré de quelle manière nous interprétons les situations que nous rencontrons dans notre quotidien (Beck,J.2011) Il a su mettre en lumière un certain nombre d’opération cognitive dont la maximalisation du négatif. Ce biais consiste à amplifier de manière non consciente les événements à caractère négatif que nous vivons tout en diminuant le bénéfice des succès que nous rencontrons. Cela nous éclaire sur l’impact disproportionné que génère en nous une situation d’échec d’une part, et d’autre part, comment certain caractères positifs n’auront aucune valeur à nos yeux.

Dans le cadre du coaching cognitif et comportemental, une partie du processus sera consacré à identifier le système de croyance inefficient du coaché qui a été mis en place et qui est responsable de sa manière subjective de faire face aux situations. Le système de croyance sera ainsi remodelé dans l’objectif de pouvoir mettre en place des comportements plus adaptés notamment dans une situation d’échec.

Pascale Kaced diplomée d’un master 2 en Executive Coaching.

Pour en savoir plus :

”The myth of Self-Esteem » Albert ELLIS
“Cognitive therapy for challenging problems » Judith S BECK