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Nos préoccupations professionnelles nous suivent souvent à la maison même si la situation idéale serait de faire une totale coupure entre notre entreprise et notre vie familiale. Nos conversations d’adultes et nos inquiétudes n’échappent pas à nos chérubins. Retenons principalement l’idée qu’ils sont souvent à l’affût de nos faits et gestes, mais aussi de nos paroles. Pour grandir et se construire, nos enfants passent par l’étape de l’observation et de l’imitation.

Puisque nous sommes leurs premiers modèles, nous ne devons pas oublier de les protéger en discutant avec eux. Mettre des mots sur une réalité qui leur échappe évitera de multiples représentations.

Le travail, c’est négatif !

« Je te laisse chez la nounou car je dois aller travailler. »
« Ton père n’a pas le temps de jouer avec toi car il finit ce travail. »
« Je suis fatiguée, j’ai beaucoup travaillé aujourd’hui. »
« Ne fais pas trop de bruit, je suis au téléphone pour le travail. »

Nous avons également les conversations avec notre conjoint et proches où nous exposons nos difficultés à terminer un dossier, nos contrariétés face à un patron exigeant, nos cadences infernales ou nos horaires décalés.

La situation particulièrement inquiétante pour nos enfants est celle où nous ne contenons plus nos émotions jusqu’au moment où nous pleurons à cause du travail ou nous laissons exploser notre colère.

Evidemment, nous ne voulons pas que nos enfants souffrent ou s’interrogent face à ces comportements. Nous ne sommes pas des parents ingrats ou manipulateurs, juste des parents qui travaillent dans un environnement pas toujours adapté.

Le travail, c’est l’école des grands!

Expliquons à nos enfants l’intérêt de travailler d’une part et d’autre part, les obstacles que nous pouvons rencontrer. Il est tout à fait accessible d’expliquer aux enfants que le travail peut se comparer à l’école. Utilisons des mots simples et invitons-les à réfléchir.

Exemples :

Certaines matières sont intéressantes et d’autres non.
Le professeur est sympathique et pourtant certains jours, il n’arrête pas de crier.
Parfois, certains de nos copains de classe ne veulent pas jouer avec nous, trichent ou se moquent.
Nous sommes tous différents, c’est la raison pour laquelle nous préférons certaines personnes et nous jouons la plupart du temps avec deux ou trois bons copains.
Si le professeur propose un travail de groupe, demandez à votre enfant s’il choisit de travailler avec son meilleur copain ou s’il choisit celui avec qui il n’a pas d’affinités.
Faites-le réfléchir sur les problèmes qu’il rencontre lorsqu’il n’a pas le temps de terminer une rédaction et que la sonnerie retentit ou lorsqu’il se dispute à la récré avec un copain.

Nous pouvons ainsi montrer à nos enfants que la réalité du travail se rapproche sensiblement du monde professionnel. Nos enfants pourront ainsi se faire une représentation en utilisant les images, les repères qu’ils connaissent déjà, soit l’école.

C’est aussi un moyen de conduire nos enfants vers les valeurs liées au travail.
Le travail est nécessaire pour apprendre de nouvelles choses comme à l’école, pour créer et construire de nouveaux objets, pour aider les autres, pour gagner de l’argent pour acheter ce dont on a besoin (logement, nourriture, des jeux).
C’est une manière d’expliquer que le travail est aussi un monde positif, même s’il possède quelques contraintes.

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Isabelle SEIGNOVERT
Coach professionnelle, spécialiste de la souffrance au travail
Auteure du livre « Métro, boulot, fiasco, Stratégies pour survire au travail », en livre broché ou ebook sur Amazon.