Proposé par

Nous passons notre vie à faire des choix. Et choisir, c’est donner la préférence à quelque chose : en un processus cognitif complexe, différent de la réaction instinctive et immédiate, nous visons à la sélection d’un type d’action parmi différentes alternatives. Ce processus de décision est théoriquement basé sur des critères, et sur une analyse des enjeux et des options. Cela paraît simple. Et pourtant…

Nous sommes nos choix. Jean-Paul Sartre

Choisir, c’est décider.

Nous effectuons, tous les jours, à toute heure, un volume de décisions dépassant notre propre conscience (jusqu’à 35 000 par jour pour un adulte peut-on lire). Prenez quelques instants et essayez d’identifier et compter le nombre de décisions que vous prenez dans l’heure qui suit votre réveil… Toutes celles que nous prenons sans nous poser la question de leur portée, ou nous appesantir sur les choix possibles. Heureusement… Notre cerveau n’y survivrait pas. Ainsi, nous mettons en place des « Routines », où les choix s’opèrent de manière automatique.

Décider 35 000 fois par jour et, soudain, douter.

Car, sortis de nos décisions routinières, nous sommes régulièrement en situation de faire des choix qui orientent notre vie de manière plus ou moins fondamentale. Face aux enjeux, aux opportunités et aux risques, l’interrogation s’installe : « Quelle meilleure décision prendre ? Comment puis-je me décider ? Je ne sais pas si je dois prendre une décision ! Est-ce à moi de décider ? » Autant de questions et de réflexions qui mélangent les genres (quoi, comment, savoir, pouvoir, vouloir…).

Il m’arrive régulièrement d’être confronté à cette problématique en accompagnement. Que ce soit pour ce dirigeant (ex : succursale ou franchise ?), ce manager en transition (ex : salarié ou indépendant ?), ce salarié en difficulté (dois-je dire à mon patron que… ?), pour cet étudiant interrogatif (ex : médecine ou hôtellerie ?), ce chercheur d’emploi (ex : alimentaire ou affinitaire, et pourquoi pas les deux… ?). Pour chacun de nous, régulièrement, le même problème se pose. Que décider ?

En tant que coach, mon travail est de faire émerger à la conscience de mon interlocuteur quels sont la nature et les fondements de l’hésitation, et ce que cela engage dans sa personnalité propre. Et rappeler, que décider, c’est, toujours, choisir un chemin, évincer les autres, quitte à s’égarer…

Décider, c’est renoncer.

Choisir, décider, c’est abandonner d’autres alternatives.

Et, consentir à se priver d’alternatives, cela revient à se confronter à ses peurs, ses croyances, ses représentations – parfois limitantes (ex : caractère supposé définitif du choix, jugement de l’autre, de soi face à l’erreur, risque de désaffection, de réprimande…).

« Et chaque choix que vous effectuez, chaque décision que vous prenez, chaque pensée que vous avez, chaque mot que vous prononcez, est une annonce et une déclaration de qui vous croyez être et de qui vous choisissez d’être. Tout acte est un acte d’autodéfinition ». Neale D. Walsch.

Toujours, décider, c’est se connecter à soi-même.

C’est, aussi, se confronter à l’intolérance de l’échec. C’est également se confronter aux messages contraignants, appris dans son enfance (soit parfait, fait plaisir, fait des efforts…). Nous engageons ainsi, bien plus que notre seule capacité d’analyse.

C’est source d’angoisse et peut générer certains comportements néfastes : procrastination, hyper-analyse sclérosante, apathie, ou encore sur-action d’évitement, découragement, subir ce que les «  événements » décident pour vous, syndromes pathologiques, et pour finir, se perdre,  abandonner sa liberté.

Car décider, c’est exercer sa liberté.

Au cours de ses enquêtes minutieuses, différents constats ont amené Andreu Solé à étayer cet « argument philosophique » :

« Décider, c’est exercer sa liberté ». Andreu Solé, Créateurs de mondes. Nos possibles, nos impossibles, Editions du Rocher, coll. Transdisciplinarité, 2000.

Notamment en constatant que notre culture, notre éducation, nos formations techniciennes se concentrent sur les outils, les modèles, confondant ainsi l’analyse et la décision. En constatant également que l’acte de décision n’est pas une démarche « rationnelle », mais essentiellement un acte d’imagination. Pour autant, l’imagination prend forme dans le carcan de notre représentation du monde, de nos croyances, de nos présupposés. Tout ce que notre psyché s’évertue à confirmer, valider, en permanence.

Décider est un acte d’imagination !

Rappelons qu’analyser n’est pas décider. Le processus cognitif rationnel n’est pas strictement déterminant dans nos actes de décisions. C’est ce que de nombreux travaux, et notamment ceux effectués dans la sphère des neurosciences nous démontrent tous les jours d’avantage :

  • Ainsi l’acte de décision serait de nature « inférentielle » : c’est-à-dire, issu de conclusions générales ou de représentations mentales globales, élaborées à partir d’un certain nombre d’informations parcellaires.
  • Egalement, la décision serait beaucoup plus le fruit d’une combinaison d’intuitions et de jugements sociaux quand notre mental nous sert essentiellement à produire des raisons qui justifient nos  décisions.
  • Les travaux d’Antonio Damasio (et d’autres) ont montré que le comportement social et la prise de décision sont en réalité largement influencés par les émotions.
  • Les travaux neuroscientifiques proposent également comme complément la vision de l’acte de décision à l’échelle du tissu nerveux : « Le processus de décision peut être vu comme une compétition entre plusieurs populations de neurones, chacune produisant un comportement particulier ». Or, « Le basculement du système vers un comportement ou un autre repose initialement sur un processus aléatoire ».

Alors que nous construisons des possibles et des impossibles dans notre propre prison (vision du monde) l’information disponible, et son analyse, à elles seules, ne permettent pas d’imaginer les événements non encore advenus. Tout l’enjeu pour décider est alors d’élargir son champ de conscience de son propre monde, afin d’augmenter son potentiel imaginaire de décision.

Ouvrir son potentiel d’imaginaire par une meilleure connaissance de soi !

L’écoute de ses émotions, de son intuition, la connaissance de soi contribuent largement à enrichir le processus de décision : c’est ce qui permet de s’ouvrir à un imaginaire des possibles plus large. C’est dans ce potentiel plus vaste que les méthodes et les outils prennent leurs sens (étayer plus d’hypothèses) :

  • Développer son Intelligence émotionnelle (IE). Ce concept a été proposé et défini en 1990 par les psychologues Salovey et Mayer. C’est la capacité d’identifier ses émotions, de les comprendre, de les contrôler et les ajuster en fonction des circonstances. Elle est particulièrement aidante dans la prise de décision en tant que source d’informations utiles pour orienter ses pensées et ses actions.
  • Ecouter et développer ses facultés intuitives. Je cite Emmanuelle Fiton Hellier (www.evofinhum.comwww.louvertureducoeur.com) :

    « L’intuition est à la décision ce que la respiration est au nouveau-né ! C’est une capacité autant innée que naturelle, que chacun possède, une clé de contact invisible. Forme d’intelligence qui commet un excès de vitesse quasi silencieux, elle conduit à une avancée innovante avant d’être vérifiée et développée par un processus analytique, par la confrontation de ses décisions au réel. Deux avantages : gain de temps et accroissement de ses performances en facilitant ses choix ».

  • Connaître ses préférences comportementales dominantes. Je recommande par exemple de passer le test du « BIG5 » – Monkey Tie. Prendre des décisions qui mènent à vivre en contradiction de ses traits majeurs de personnalité est, à terme, préjudiciable ou très énergivore (sur-adaptation), voire peut conduire à des ruptures.
  • Connaître ses affinités professionnelles et personnelles. Là encore, l’accès au test « Culture Fit » de Monkey Tie est une très bonne source d’informations (critères de choix) pour être au clair sur le type d’environnement et d’activité à privilégier afin d’être en accord avec soi-même.

Et ainsi, grâce à ce travail, décider, c’est mettre en phase ce que l’on ressent, ce que l’on pressent, ce que l’on est (représentation du monde élargie, valeurs, souhaits, aspirations…) avec les conséquences possibles,  probables des choix opérés. Ou, autrement dit, se connaître profondément c’est s’autoriser à prendre des décisions en adéquation avec son moi profond.

 Décider, c’est agir dans le sens de son être profond

C’est dans ces conditions que l’on peut envisager d’utiliser des modèles d’aide à la décision. Ainsi, le mouvement, face au changement notamment, est possible. Changer pour quoi ? Changer comment ? Quelles stratégies de réussite ai-je en moi pour y arriver ? Et à partir de là, par une date, mettre en vie ses rêves, les traduire en projet. Autant de sujets à aborder…