Monkey tie Coaching - Michelle Schitter

Proposé par

Co auteurs Michèlle Schitter et Violaine Godart

La rencontre entre certains individus et une certaine forme de communication en entreprise peut aboutir à des situations tragiques que certaines sociétés connaissent ces dernières années : stress, anxiété, dépression… Notre expérience d’intervenantes dans le domaine des risques psychosociaux, l’une en qualité de thérapeute, l’autre en qualité de coach professionnel, nous a permis de repérer un nombre très significatif de salariés, managers ou collaborateurs victimes de mal-être les exposant au burn-out.

Les ferments d’une telle communication

Ils existent dès que les mots créent des illusions et sont battus en brèche par la réalité. Illusion du pouvoir réel de celui qui parle, illusion d’être acteur, d’être écouté, de participer aux décisions, illusion d’être autonome, d’être responsable, de pouvoir créer… Que dire des mystifications réalisées par des messages du type « Ce que vous entendez, voyez est faux… moi, je vous dis exactement comment sont les choses ». Ces illusions au sein de la communication entraînent notamment perte de crédibilité et de confiance dans la relation.

Cette confusion entretenue par des messages contradictoires est fortement anxiogène s’ils sont le fait de personnes faisant autorité.

Et quand le lien avec le travail est vital pour le salarié, c’est encore plus délicat.

Que dire encore des injonctions paradoxales comme « Soyez autonome ! » : si j’obéis, je ne suis pas autonome ; si je refuse, je n’obéis pas à ma hiérarchie. Si le contexte professionnel permettait de communiquer sur la relation, le destinataire d’une telle injonction en sortirait indemne. Et, comme la confrontation bienveillante et sans risque n’est pas toujours d’usage en entreprise, la situation peut devenir intenable.

Que penser de la disqualification transactionnelle quand la réponse donnée n’a rien à voir avec la question posée et se transforme en un reproche ou en ce qui peut apparaître comme un règlement de comptes ?

Quant à la double contrainte, elle constitue le risque majeur d’une relation. Pour exemple « tous ensemble dans un même but » face à une évaluation individuelle et comparative de la performance individuelle.

La répétition de ces communications discordantes peut toucher certains d’entre nous de plein fouet.

Un traumatisme venu d’ailleurs

Nos métiers de l’accompagnement nous amènent à rencontrer ces personnes en souffrance dans des champs de compétences complémentaires. Leur mal-être au travail révèle souvent en écho des faits passés, voire des faits répétés de génération en génération, ou des problèmes de place dans le système familial. Et très souvent, les plus meurtris sont les plus engagés au travail, confondant parfois travail et « mission ».

L’hypothèse que nous en faisons est que l’intime de soi, s’il s’est insuffisamment construit (abondance de messages du type « Tu n’es pas capable de », « Tu dois tout dire à tes parents »), nuit à la capacité de se protéger de l’intrusion et d’être agressif, au sens positif du terme, face à l’irrespect manifeste.

Notre pratique a nourri peu à peu notre conviction : l’entreprise aux contours actuels peut être un lieu où une relation dramatique devient parfois l’écho ou l’aboutissement d’un traumatisme venu… d’ailleurs ou bien d’une construction de soi qui n’a pu se réaliser sereinement aujourd’hui plus qu’autrefois.

Des exemples :

Quelle hypothèse poser face à une personne en burn-out après s’être épuisée à faire entendre sa vérité, en observant que de lourds secrets de famille avaient pesé sur une grande partie de sa vie ?

Quelle hypothèse poser à propos d’une personne harcelée pendant la préparation de son concours de danse classique au point d’échouer, en observant qu’enfant affectée d’un handicap temporaire, sa mère lui répétait « tu ne marcheras jamais » ?

Combien de personnes confondent contrat de travail et mission comme si elles s’inscrivaient dans un devoir de réparation ?

Combien s’enlisent à leur corps défendant dans des rôles récurrents de sauveur, ou persécuteur, ou victime, en reflet de leur histoire intime ?

Une issue ?

L’une des issues est-elle de se préoccuper chacun de son développement personnel, pour se prémunir ou mieux résister à certaines épreuves psychologiques, tout en agissant pour que les organisations redonnent tout son sens au travail et toute sa place à l’humain ?

La santé au travail, si elle relève de la responsabilité des employeurs, ne doit-elle pas aussi appartenir à la responsabilité de chacun ?

 

Violaine Godart est thérapeute familiale, médiatrice familiale et formatrice. Michèlle Schitter est coach professionnel. Elles ont en commun une forte expérience de management en entreprise. Formées à l’approche systémique, elles accompagnement toutes les 2 les individus ou les groupes, notamment en prévention et réparation des risques psychosociaux, selon leur champ de compétences, dans le cadre du CECCOF ou bien de leur pratique libérale.