Alexia

Proposé par

RECONSTRUIRE SA VIE – J’ai lu récemment que la tendance allait aujourd’hui à gagner de plus en plus de temps libre. J’ai découvert également que ce temps libéré était souvent passé à surfer sur internet, même si beaucoup des participants déclarent pourtant ne pas aimer ça. Voilà de quoi surprendre !

Si je reformule, cela voudrait dire que la tendance lorsque nous sommes dégagés de toutes contraintes, ce qui est la nature même du temps libre, serait de nous occuper souvent à ce que nous n’aimons pas. Un tel paradoxe m’inspire pour ouvrir avec vous un chemin nous conduisant à plutôt occuper notre temps libre à des activités dont nous pouvons dire que nous les aimons.

Il me paraît aidant d’apporter sur ce chemin que le fait « d’aimer » ou de « ne pas aimer » est davantage la conséquence de notre action que son point de départ. Quel serait donc le point de départ pour une action visant la satisfaction ?

A ce stade il me semble juste de pointer avec vous la question de nos envies. Mais peut-être ce terme est-il devenu un peu abstrait avec le temps et qu’il conviendrait de le sentir davantage aujourd’hui au niveau de notre corps, dans une posture d’écoute par rapport à lui. L’apprentissage de la posture méditative s’est aujourd’hui beaucoup développé, sans doute aussi parce que cette pratique répond à ce nouveau besoin partagé de nous remettre à l’écoute du monde à travers une conscience plus grande de notre corps, avec nos sens, dans l’objectif sans doute de retrouver une voie plus juste à nos envies, à nos vies.

Car en effet, derrière la question de nos envies se cache probablement, par une rime naturelle, la question de nos vies. Observons simplement qu’« envie » rime avec « en vie ».  Or quoi de plus juste que notre corps, nos sens, nos émotions, pour commencer à sentir nos envies, notre vie ? Quoi de mieux que cette voie naturelle du corps pour l’expression de nos envies ?  Sentez-vous cela ?

Si vous parvenez à le sentir, alors vous verrez que non seulement ce chemin est un chemin de liberté, dans le sens du respect de la vie, pour occuper notre temps libre mais également un chemin de liberté pour trouver nos propres contraintes, celles allant justement dans le sens de notre vie. Car chaque vie contient sa part de libertés et sa part de contraintes, à nous d’en ressentir la juste articulation.

Eclairons cette vision par les travaux de Viktor Frankl concernant l’état de dépression chez l’individu. Cet état est sans doute pour notre propos celui qui incarne le mieux l’absence d’envie, l’absence de vie. Frankl dit que la dépression dans la société moderne serait l’expression d’un individu qui, dans une masse d’informations parfois contradictoires, ne parviendrait plus à s’orienter, à choisir. Nous voyons bien apparaître ici la question du sens comme question majeure dans nos sociétés modernes. Y répondre serait une sortie positive à cet « état dépressif moderne ».

Le sens est endogène, il restera toujours à l’homme de le définir. Pour reprendre notre exemple de départ, la confusion moderne entre l’acte de s’informer et celui de trouver un sens est maintenant bien apparente. Nous nous trompons en pensant que le sens pourrait nous parvenir via l’outil internet.  Un outil n’est et ne restera jamais qu’un outil au service de l’homme et du sens qui l’inspire de l’intérieur. Ainsi, si internet peut répondre à notre besoin de nous informer sur tel ou tel sujet extérieur à nous même, notre corps restera notre meilleur outil pour répondre à nos questions de sens parce qu’il nous permet de sentir à l’intérieur. Utilisons alors nos outils pour ce qu’ils sont.

Pour honorer nos vies de manière plus juste dans la société de demain, je propose très simplement et très humblement de partir chacun et chacune de nos envies, de nos vies, dans l’ici et maintenant. Je propose d’accorder à chacune d’entre elles sa place naturelle, celle que notre corps lui impose et que notre esprit n’est assurément destiné qu’à reconnaître. Je propose de faire pousser nos envies, nos vies, dans le temps, en en assumant les contraintes. Je propose, par le travail de l’intention, de faire grandir nos envies, nos vies, en les emmenant jour après jour, dans l’ici et maintenant, dans leurs états accomplis.

Je propose de remettre les outils au service du sens de la vie des hommes et des femmes qui les utilisent.

Je propose surtout d’être les uns pour les autres, sur ce même chemin d’expériences, de simples et humbles accompagnants.