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En France, les émotions au travail ont une mauvaise réputation. Il est mal vu de les montrer au bureau ou en réunion. On a tendance à les laisser au vestiaire ou aux oubliettes pour montrer qu’on est fort ou ne pas faire de vague. Elles nous font peur parce qu’on se sent incapable de les réguler. Reconnaître nos propres sentiments et ceux des autres est pourtant un atout. Nos émotions sont une ressource que nous ne pouvons ignorer.

Le rêve d’un monde sans émotion

Imaginez un monde sans joie de vivre ou de faire, sans désir, sans empathie ! Ce monde, proche de l’enfer est pourtant idéalisé par certains patrons qui rêvent d’un homme totalement rationnel à l’intelligence froide que nulle émotion ne perturbe. Dans ce type de structure, les managers n’ont pas de temps à perdre pour créer du lien social. Ils affirment même qu’on ne gère rien qu’on ne puisse mesurer et mettent en place des procédures ou des processus qui le neutralisent. Ce qui favorise des comportements purement utilitaristes et une morosité ambiante qui déteint sur l’ensemble des salariés.

Emotions au travail : cela amène de la convivialité

A contrario, les start-up privilégient la cool attitude et le côté fun. « On a l’impression de vivre un projet plutôt que de travailler dans une entreprise » souligne Laure Wagner de Bla Bla Car. On comprend pourquoi des grands groupes cherchent à recréer l’esprit start-up pour remotiver leur troupe. La gamification est une facette de cet esprit et un outil de transformation de la qualité de vie au travail : on lance des challenges, on fait jouer les gens, on vit des émotions fortes. « Dans notre tour de 22 étages, chaque étage joue l’un contre l’autre pour réduire la consommation d’énergie. Cela amène de la convivialité », expliquait lors des Techdays Jean-Pierre Moneger, directeur général de Cofely-Services.

Le siècle du quotient émotionnel

Aux yeux de Daniel Goleman, le père de la théorie de la gestion intelligente des émotions, le QI (Quotient intellectuel) d’un individu n’interviendrait au mieux que pour 20% dans les facteurs de réussite. Le reste serait du au facteur émotionnel.

Pour Christopher Haag, professeur en comportement organisationnel à l’EM Lyon, le XXIème siècle sera celui du Quotient émotionnel. « Si on est engagé sur son QI, on fait carrière sur son QE » écrit-il dans génération QE. Il vient de réaliser le premier Mooc dédié à l’intelligence émotionnelle du manager. L’auditeur est guidé pas à pas sur la voie de la compréhension de son quotient émotionnel et du rôle positif qu’il peut jouer dans le management. « Le manager émotionnellement intelligent sait se décentrer de ses seules aspirations et désirs personnels. Il sait que le bonheur de chacun passera par le bonheur collectif », explique Christopher Haag.

Apprendre à écouter ses émotions au travail

Nos émotions nous fournissent des informations pour nourrir des relations intelligentes avec les autres et pour créer du lien. Elles sont d’abord des indicateurs de satisfaction ou d’insatisfaction. Elles nous informent qu’il se passe quelque chose dont il faut tenir compte. La colère qui monte, le doute qui nous assaille, la tristesse qui nous saisit, la joie qui nous envahit contiennent un message qui nous est adressé. A nous de le décrypter sans se juger et ses projeter sur l’autre. Il faut apprendre à écouter ses émotions et à les clarifier pour se dégager de l’agitation qu’elles peuvent provoquer. On doit par exemple être alerté quand on ressasse en permanence ce qu’on aurait pu dire à son patron ou à ses clients. On doit l’être aussi quand nos émotions nous paralysent et ne trouvent pas le moyen de s’exprimer.

Les émotions sont comme des chevaux sauvages

Pour gérer un conflit, une saine colère a plus d’impact que feindre l’indifférence ou marquer son mépris. Encore faut-il pouvoir la contrôler ! Car les émotions sont comme des chevaux sauvages qu’il faut pouvoir dompter. Le danger est d’être vite submergé, de déraper constamment et de regretter ensuite des propos outranciers.

Dans le secteur des services, le travail demande fréquemment une certaine gestion ou maîtrise de l’expression des émotions. Il est prescrit par exemple de sourire même si on n’en a pas envie dans certaines situations. On doit aussi pouvoir « gérer » aussi les émotions du client. L’attitude la plus positive consiste à gérer ses émotions en fonction de la situation et de son interlocuteur. On n’exprime pas ses émotions de la même manière avec un collègue, un supérieur hiérarchique, un client fidèle… ou avec son chien.

Vous pouvez vous poser les questions suivantes :

  • Etes-vous embarrassé par vos émotions au travail ?
  • Prenez-vous le temps de les écouter pour mieux comprendre ce qui se passe ?
  • Que vous disent-elles sur vous et sur les autres   ?

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One thought on “Faut-il se méfier des émotions au travail ?

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