Alexia

Proposé par

ÊTRE HEUREUX – En cette période de fin d’année, le temps se rafraichit, le moral souvent aussi. Les fêtes approchent à grand pas et si elles réchauffent certains d’entre nous, elles peuvent aussi pour d’autres ramener à la conscience un sentiment de solitude ; Isolement social, économique, les causes sont multiples… La saison autant que la période nous invitent à reprendre contact aujourd’hui avec la joie. Nous avons tous besoin de joie, émotion du bonheur, raison de vivre pour tout à chacun. La joie en traitement holistique préventif, voir curatif, contre toutes les maladies !

Et si le bonheur se décidait, il faudrait l’expliquer ! C’est l’objet de mon article. Je n’ai pas la prétention de vous donner la recette du bonheur car si elle existait nous serions tous déjà heureux. Je voudrais simplement partager avec vous l’idée que le bonheur puisse coexister avec la joie, dans un même processus ouvrant, sitôt qu’on y porte attention, des conditions favorables pour ressentir notre aptitude au bonheur et prendre part à celui-ci pour le vivre pleinement.

Ainsi, si le bonheur passe par la joie, je vous propose dans un premier temps de prendre contact avec ce qui fait votre joie aujourd’hui. J’aime l’idée des petits moments de notre journée ou de la période de vie que nous traversons actuellement pour commencer à écouter cette joie. Constatez simplement sa présence ou son absence, sa couleur, sans jugement sur la qualité de cette joie et avec seulement l’intention de l’accueillir dans la conscience.

A titre d’exemple, je partage volontiers quelques moments de ce qui fait ma joie aujourd’hui.

J’ai tenu tout à l’heure pendant quelques instants un nourrisson dans mes bras. J’ai été saisie par la tranquillité de ce petit être tout neuf. A son contact j’ai pu faire le vide en moi, retrouver ma propre tranquillité. L’espace d’un quart d’heure j’ai éprouvé de la joie à ce contact tranquille. J’étais justement bousculée aujourd’hui par l’idée de devoir faire tout un tas de choses qui ne me semblaient pas pouvoir tenir dans la journée. Par la suite, j’ai pu faire tranquillement tout ce que j’avais à faire. Joie magique du contact !

Je fais partie d’un groupe de thérapie au sein duquel nous partageons aujourd’hui beaucoup d’intimité. Je suis régulièrement bouleversée par les témoignages de vie que j’y entends. Je ressens beaucoup de gratitude à être parfois simplement là pour écouter les mots des autres. Prise par leur beauté, je perds mes propres mots jusqu’à ce qu’ils me reviennent différents. Joie du renouveau !

J’avais autour de moi il y a peu de temps ma famille et plusieurs amies chères que j‘avais rassemblé pour fêter mon anniversaire. Préparer et vivre cette fête m’a permis d’éprouver à nouveau mes liens avec d’autres. L’espace d’un week-end, je me suis sentie chaleureusement entourée ; j’ai éprouvé beaucoup de joie à me relier aux autres de cette manière. Joie du lien, joie du partage !

Le travail d’écriture est éprouvant. Je compare souvent ce travail au niveau du processus à un travail d’accouchement. Accoucher de mes idées par ce travail me procure une forme de joie, semblable à la joie de la libération, pour reprendre la métaphore de l’accouchement. Joie de l’accomplissement par le travail !

Ces quelques exemples suffisent à accueillir avec vous ma joie. Je vous invite à faire ce chemin de conscience vers votre joie (et toutes autres émotions vous appartenant d’ailleurs). Vous prendrez ainsi contact avec vos ressources pour la joie. Ce que j’appelle ici « ressources pour la joie » c’est l’ensemble des expériences de joie « en conscience » que chacun accumule et qui deviennent ainsi disponibles pour être renouvelées, en fonction du besoin.

C’est ici qu’intervient selon moi la notion de choix.

Nous avons le choix de renouveler ou pas ces expériences, de mobiliser ou pas nos ressources pour satisfaire nos besoins. Pourquoi ne parvenons-nous pas dans ce cas à satisfaire tous nos besoins de joie ? Si le bonheur se décide, personne ne choisit en revanche d’être malheureux ; il y a pourtant tant de personnes en souffrance sur la terre et tant de personnes aussi qui consomment leur joie sans penser qu’elle puisse être une énergie renouvelable, le terreau même du bonheur !

Le hic est que nous manquons souvent de notre adulte (au sens de l’adulte, introduit par Éric Berne, cf. « les états du moi ») pour décider alors qu’il est pourtant le seul compétent pour le faire. Dans bien des cas l’adulte se fait envahir par l’enfant ou bien le parent et perd ainsi sa capacité à prendre les décisions qui feraient son bonheur.

Dans son livre : « Au cœur des émotions de l’enfant », Isabelle Filliozat affirme que l’adulte porte l’entière responsabilité de « prendre en charge ses propres émotions », y compris sa joie et que l’enfant (au sens propre du terme) n’est jamais responsable de ce qu’il ressent. « Il y a de la joie à se sentir vivre » dit l’auteur, « à affronter la réalité avec cœur ».

Dans cette perspective, si l’enfant semble le mieux placé pour vivre la part d’abandon nécessaire à la joie pour s’exprimer, l’adulte sait mieux que lui l’initier. La décision de l’adulte prenant part à sa joie voir à son bonheur consisterait donc à reconnaître et à accueillir la joie de son enfant mais également à mettre à distance le parent qui n’autoriserait pas l’expression de cette joie. Nous recevons en effet nombres de messages nous interdisant l’accès à la joie ou au bonheur dans telle ou telle circonstance, en référence à un système de valeur particulier et aux préjugés qui y sont associés.

De votre capacité à vivre cette articulation particulière dans votre relation interne enfant-parent-adulte, dépendra en réalité votre capacité à prendre part à votre propre bonheur.

J’ouvre une parenthèse à ce propos sur le fait qu’il existe pour moi une forme de joie qui transcende toute les autres, c’est la joie de la connaissance. Joie de la connaissance de soi d’abord. En parcourant le livre d’Isabelle Filliozat, quelle joie j’ai éprouvé par exemple à approcher par la connaissance même des émotions de l’enfant, l’enfant que je porte en moi. Aussi paradoxale que cela puisse paraître, cette connaissance m’a aidé pour approcher davantage l’adulte que je suis.

Je vous invite donc à muscler l’adulte qui est en vous pour prendre part à votre bonheur à hauteur de vos besoins.

Je vous invite également à apprécier comment vous pouvez être cet adulte qui rayonne de bonheur auprès de votre enfant intérieur, auprès de vos enfants au sens propre et de tous les êtres autour de vous « en besoin voir en détresse d’adulte » et qui ne possèdent pas encore votre aptitude au bonheur ; Que ce soit dans votre famille, dans l’univers professionnel ou ailleurs, initiez ou partagez simplement votre joie ! Car si le bonheur demande à être éduqué, la joie s’éprouve facilement dans le partage et ouvre des conditions propices au bonheur partout où vous le souhaitez. Il n’existe pas de lieu où le bonheur soit interdit !