Monkey tie Coaching - Philippe Etienne

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J’entends régulièrement tel ou tel se plaindre ou se consterner d’avoir un « boss » qui hurle, un coléreux, un qui vitupère et dont la casserole de lait interne déborde plus vite que son ombre. Or en fait s’il hurle c’est peut être que votre boss a peur.

La colère de votre boss : une émotion qui peut en cacher une autre

La colère est une émotion très humaine et tout à fait « ok » en soi, au même titre que la joie, la peur ou la tristesse.

La colère est aussi parfois une émotion « racket », c’est-à-dire une émotion qui prend la place d’une autre. Pour faire simple, votre boss a peur, mais comme il n’accepte pas sa peur, il se met en colère. Autre exemple : votre boss est triste, mais comme il n’accepte pas sa tristesse, il se met en colère.

Ces colères-racket peuvent générer chez ceux qui les reçoivent d’authentiques colères en retour… que la personne ne sait pas, ne peut pas ou ne veut pas exprimer. Elle va du coup laisser s’exprimer son émotion-racket à elle, par exemple la tristesse ou la peur. C’est donc un dialogue de sourd, votre boss a peur, mais il ne l’accepte pas, donc il se met en colère, ce que vous n’acceptez pas, mais vous ne l’exprimez pas et donc vous êtes tristes.

Quelles sont les solutions contre les hurlements de votre boss ?

Les antidotes à ces comportements sont dans nos propres réactions. Car les colères toxiques auxquelles vous pouvez faire face génèrent vos propres comportements toxiques. A la colère attaquante, souvent chargée de critiques, répond votre attitude défensive ; à la colère vertueuse, souvent chargée de mépris, répond votre attitude de dérobade. Les psychologues parlent souvent des « quatre cavaliers de l’apocalypse » des comportements humains. Il est important de comprendre que ces quatre cavaliers ne peuvent pas vivre seuls. En clair, la critique entraîne et se nourrit de votre attitude défensive, comme le mépris entraîne et se nourrit de votre attitude d’esquive. Si vous évitez de lancer votre propre cavalier, vous interromprez le jeu engagé par l’autre.

La mise au point des antidotes s’inscrit donc dans un travail sur vos processus de communication. L’idée est d’éviter d’ajouter vos propres émotions négatives aux émotions négatives de l’autre. L’une des clefs est de veiller en permanence à vous appuyer sur ce que l’on appelle « le message Je ». Exprimez votre ressenti face aux attaques, évitez absolument le « tu » accusatoire en retour et veillez à vous centrer sur le problème à résoudre davantage que sur la personne qui le pose.

La difficulté avec votre boss qui hurle est que vous pourrez ressentir de la peur à l’idée de vous exprimer. Votre travail consistera alors à travailler sur cette peur, à regarder sur quoi elle repose et à réfléchir à la façon dont vous pouvez mettre en place des conditions sécurisantes qui vous permettront d’exprimer votre ressenti.

En tout état de cause, ce n’est pas un travail instantanément facile. Mais si vous le faites, vous y arriverez. Vous ne changerez pas votre « boss », mais aurez développé en vous des mécanismes, des comportements, qui vous permettront de déjouer les pièges que vous tend la mauvaise humeur de l’autre.

Philippe Etienne, www.phe-communication.fr

Pour aller plus loin :

  • Eric Berne : « Des Jeux et des Hommes» (Stock)
  • Pierre Agnèse et Jérôme Lefeuvre : « Comment déjouer les pièges de la manipulation, de la mauvaise foi et de la mauvaise humeur » (InterEditions)
  • William Ury : « Comment négocier avec les gens difficiles » (Seuil)

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